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Les Rois Souterrains

AVERTISSEMENT À TOUS LES ROYALISTES

20 Août 2015 , Rédigé par Les Rois Souterrains Publié dans #LOUIS XVI

ANTOINE JEAN CASPER SAINT-PROSPER - VIE DE LOUIS XVI

ANTOINE JEAN CASPER SAINT-PROSPER - VIE DE LOUIS XVI

 Visionnaire est l'Avertissement à tous les royalistes qui fut écrit le 20 août 1821 par Antoine Jean Cassé Saint-Prosper (1790-1841) en introduction, comme le dit Alain Sanders dans son avant-propos, à "ce petit livre rapide, incisif, tout empreint de piété filiale" intitulé Vie de Louis XVI.

 Cet ouvragé réédité par l'Atelier Fol'fer (collection L'étoile du berger, 2011) n'est désormais plus introuvable, puisqu'Alain Sanders (possesseur d'un exemplaire de l'édition originale), donc, a pris soin de le mettre à la portée de toutes les bourses. Les Rois Souterrains le remercient de cette belle initiative (une parmi tant d'autres).

 

Avertissement à tous les royalistes

 

 Je n'ai eu pour but, en publiant la Vie de Louis XVI, de retracer tous les évènements de son règne : des volumes entiers eussent été insuffisants, et je n'aurois pu composer un livre populaire. Ce que j'ai voulu, par-dessus tout, c'est faire connoître les derniers instants de la mort la plus sublime ; et comme sur ce point il y a surabondance de documents, force a été de faire un choix parmi les détails précieux que nous légué Hue, Cléry et l'abbé Edgeworth de Firmont. Cependant, faisant violence au peu d'espace qui m'étoit accordé, j'ai puisé dans les mémoires de la personne la plus auguste tout ce qui devoit compléter la scène la plus déchirante de cette histoire : la dernière entrevue de Louis XVI avec sa famille. Si les convenances m'ont interdit de citer le nom le plus respecté, mes lecteurs, je l'espère, sauront le deviner. Car, de tous les prisonniers du Temple, l'irrécusable témoin est le seul qui soit échappé à la rage révolutionnaire.

 Quant aux journées les plus désastreuses de la révolution, j'ai consulté les journaux du temps, les écrits publiés par les divers partis, les Mémoires de Bertrand de Moleville, et les Essais sur la révolution de France par M. Beaulieu. On trouvera aussi quelques particularités nouvelles que je tiens de la bouche même de sujets fidèles, qui ne s'étoient mêlés aux affaires publiques que pour se rendre utiles au plus malheureux des princes. J'ai tâché enfin de mettre dans mon style, cette vive précision qui fait qu'en peu de mots on dit et on peint beaucoup. Aussi, j'ose dire que le petit volume que j'offre aujourd'hui aux royalistes contient la quintessence d'un grand nombre de livres que leur glorieuse misère ne leur permet pas d'acquérir.

 Au reste, en écrivant la Vie de Louis XVI, je crois avoir accompli un véritable devoir ; en effet, puisqu'une troupe d'écrivains mercenaires épuise toutes les ressources de la calomnie pour souiller jusqu'à la mémoire d'un ROI-MARTY, il importe de proclamer à la fois les vertus de cette illustre victime, et tous les traitements ignominieusement barbares dont l'ont torturée les prédécesseurs de ces hommes qui osent s'appeler LIBERAUX.

 Quelques rapides que soient les pages que j'offre à la méditation publique, elles suffiront pour apprendre à tous ceux qui n'ont pas le cœur régicide, de quel côté il faut se ranger. Et puis, je veux le dire tout haut, puisque la royauté, se fiant à la reconnoissance publique, s'en remet à elle pour sa défense, il est du devoir de tout homme de bien de prendre énergiquement parti dans le combat à outrance que les doctrines de destruction livrent aux doctrines de conservation. Sans doute, à se prononcer pour ces dernières on ne gagne ni popularité de journaux, ni places, ni titres, ni mandats1 sur les caisses des banquiers ; mais on se montre homme de bien, on jouit de l'estime de sa conscience ; et, après tout, elle vaut bien l'or que, les mains rouges de sang, certains hommes ont entassé depuis trente ans.

Paris, faubourg Saint-Germain,

le 20 août 1821

 

 1 Tout le monde sait qu'il existe un comité pamphlétaire libéral, auquel on n'a qu'à présenter un livre contre Dieu ou la monarchie pour qu'il l'accepte et le fasse imprimer aussitôt à ses frais. Si le livre réussit, on ne déduit à l'auteur que les frais d'impression, et on lui remet le surplus du prix de la vente. Dans le cas contraire, il a pour lui LA GLOIRE, et les déboursés ne le regardent en rien.

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