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Les Rois Souterrains

1975-2015 : ALPHONSE II ET LOUIS XX PAR LE BARON PINOTEAU

30 Janvier 2015 , Rédigé par Les Rois Souterrains Publié dans #ALPHONSE II, #LOUIS XX, #BARON PINOTEAU, #CHARLES X

"ALPHONSE II ET LOUIS XX". DEDICACE ET SIGNE PAR LE BARON PINOTEAU LE 28.01.2015.
"ALPHONSE II ET LOUIS XX". DEDICACE ET SIGNE PAR LE BARON PINOTEAU LE 28.01.2015.

"ALPHONSE II ET LOUIS XX". DEDICACE ET SIGNE PAR LE BARON PINOTEAU LE 28.01.2015.

 En ce jour anniversaire de la dispariton du prince Alphonse de Bourbon, je reproduis pour la première fois sur l'internet un touchant texte du baron Pinoteau écrit peu après que la Couronne de France a saisi le jeune Louis de Bourbon, nouveau chef de la maison de France et roi légitime de ce pays. Vous lirez dans quelques secondes de larges extraits de ce rare tiré à part co-publié par l'Institut Salazar et Castro (C.S.I.C.) et la revue espagnole Hidalguía.

 Mecredi dernier, Les Rois Souterrains ont eu l'accord du baron Pinoteau pour reproduction. Ce dernier a d'ailleurs orné d'une petite fleur de lis sa dédicace apposée sur le fascicule. Noble et classieux.

 Le 30 janvier dernier, j'avais aussi publié un magnifique portrait du roi Alphonse II, toujours de la main fidèle à la tradition multiséculaire du chancelier (depuis le 11 mars 1969) de trois rois et chefs successifs de la maison de Bourbon : Jacques-Henri VI, Alphonse II et Louis XX.

 

Que Dieu prenne en pitié l'âme du très chrétien prince

Alphonse II,

par la grâce de Dieu, chef de la maison de Bourbon,

duc d'Anjou et de Cadix ;

qu'Il accorde joie, bonheur et prospérité au très chrétien prince

Louis XX,

par la même grâce, chef de la maison de Bourbon,

duc d'Anjou et de Bourbon.

Que Dieu protège la France!

 

 C'est par cette proclamation fortement scandée par l'officiant en la cathédrale basilique de Saint-Denis, nécropole de nos rois, que s'est terminée la grand messe funèbre du 9 février 1989. Six mille personnes étaient là, tassées, debout, dans et hors l'église. L'émotion était à son comble après le rit tout classique dit de saint Pie V, la magnifique oraison funèbre de M. l'abbé Christian-Philippe Chanut qui fit comprendre l'évolution spirituelle du feu Prince, le chant des acclamations carolingiennes (composées en ce lieu vers 760), l'absoute environnée par une importante délégation de chevaliers de Malte en coule noire, honorant un chevalier de leur ordre.

 Un catafalque violet semé de fleurs de lis d'or, six flambeaux d'argent ornés des armes de France et un collier du Saint-Esprit soulignaient la personnalité du défunt. Au pied du catafalque, une seule gerbe de fleurs bleues et blanches, couleurs de la société des Cincinnati de France. Dans le chœur, un seul drapeau était porté, celui de cette association où l'auguste prince Alphonse représentait Louis XVI roi de France et de Navarre, chef suprême des armées de terre et de mer qui se distinguèrent lors de la guerre d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique : il était en effet le mâle le plus proche du Roi Marty dans cet ordre de primogéniture qui dicte la succession française et la représentation des officiers supérieurs et généraux des Cincinnati.

 En tête de la foule, la mère du défunt, Madame la duchesse d'Anjou et de Ségovie, ainsi que le fils cadet de cette princesse, S.A.R. Mgr le prince Gonzalve, duc d'Aquitaine, portant une petite décoration du Saint-Esprit. A côté d'eux, S.A.I.R. l'archiduchesse Constanza d'Autriche, petite-fille des derniers souverains de l'Autriche-Hongrie, et dont les fiançailles avec le prince Alphonse allaient être déclarées.

 Puis venaient les Bourbons des Deux-Siciles, S. Exc. Mme la duchesse de Durcal et les Bourbons de Parme. La Providence avait fait que le premier des Bourbons était S.A.R. Mgr le prince Ferdinand de Bourbon des Deux-Siciles, qui, comme duc de Castro (sic), s'était porté contre le défunt lors d'un procès jugé en décembre 1988, et où il s'était vu débouter. Alors que le prince Sixte-Henri de Bourbon de Parme et le pseudo-comte de Clermont avaient eu le front de faire appel de ce jugement, Mgr le prince Ferdinand abandonnait leur camp et avait trouvé bon de venir rendre un hommage à son chef de maison, ce qui est tout à son honneur.

 Venaient ensuite les archiducs d'Autriche, des Bourbons Busset et les plus grands noms de la société française. Une délégation de l'Association de la noblesse française et une délégation de la Société des Cincinnati de France étaient en bonne place. Le général d'armée comte de Galbert, gouverneur des Invalides, l'ambassadeur du Chili (dont la femme est sœur de l'archiduchesse citée ci-dessus), S.M. l'ancien empereur d'Annam Bao-Daï (converti au catholicisme) et son épouse, S.A.I. la grande-duchesse héritière de Russie, M. Jean Foyer, de l'Académie des sciences morales et politiques, ancien garde des Sceaux, ministre de la justice, avocat du feu Prince lors du procès intenté par le pseudo-comte de Clemront, étaient en tête à gauche, ainsi que M. Charles Krieg, président du conseil régional d'Ile-de-France, M. Jean-François Probst, maire de Bois-Colombes représentant M. Charles Pasqua, ancien ministre et président du conseil général des Hauts-de-Seine, M. Roland Nungesser, maire de Nogent-sur-Marne, une délégation du Front National, et tant d'autres.

 On ne compte pas les juristes et les historiens comme M. François Bluche ou M. Edmond Pognon, qui étaient présents, les écrivains ou les artistes fameux tels M. Jean Raspail ou M. Jacques Dufilho, fervents légitimistes, des journalistes célèbres comme M. Patrice de Plunkett ou M. Serge de Beketch, etc.

 UN PRINCE TRES CONNU EN FRANCE

 Il est certain que les incessants voyages du prince Alphonse lui avaient fait connaître un nombre considérable de Français, responsables des régions, départements, municipalités, entreprises les plus connues, universités, associations les plus diverses. Lors du Millénaire capétien, en 1987, le défunt avait passé quelques quanrante-cinq fins de semaine en France, visitant près de soixante-dix villes.

 Le feu Prince était ainsi maire d'honneur d'une ville de France et citoyen d'honneur d'une dizaine d'autres.

 De discours en discours il affinait sa pensée sur les questions cruciales et il rappelait inlassablement les grands thèmes de la royauté très chrétienne, ces vieilles recettes qui ont fait de la France le premier pays de l'Occident. Il prenait partie contre la commémoration du bicentenaire de la Révolution de 1789 qui est à l'origine de toutes ces révolutions qui ont ensanglanté et dévasté la terre.

  UN PRINCE TRES CHRETIEN

 En sens inverse, le prince Alphonse avait signé l'an dernier trois textes pour saluer le 350e anniversaire de la consécration de la France à la Vierge Marie par Louis XIII, et on l'avait vu en août à la procession d'Abbeville qui commémorait en cette ville la consécration faite en 1638, année de la naissance du Roi Soleil. Incognito, le prince Alphonse avait été pélerin sur la route de Chartres, au milieu de dizaines de milliers de fidèles, lors de la Pentecôte 1988, faisant ainsi de méritoires kilomètres alors qu'on sait qu'il marchait mal à la suite de l'accident de 1984.

 Récusant la religion moderne des droits de l'homme sans Dieu, se préoccupant de l'acte à faire en juin 1989 à Paray-le-Monial pour saluer le 300e anniversaire du grand message du Sacré Cœur à sainte Marguerite-Marie, attentif à la commémoration du 400e anniversaire de l'arrivée des Bourbons sur le trône avec Henri IV (1589), le chef de la maison de Bourbon était en quelque sorte la mémoire de la France de tradition, cette France qui n'est pas morte et qui attend de pouvoir s'épanouir quand Dieu le permettra... mais après quelles épreuves?

 Ce Prince était en train de devenir une autorité morale laïque, au sens de non-clerc. C'était une voix qui pouvait gêner. Elle s'est tue.

  LE RETOUR EN FRANCE

 Reste le message d'un Prince de bonne volonté et qui allait s'établir en France, berceau de sa race, car il venait de trouver un travail capable d'assurer un digne établissement. Citoyen français comme fils de Française, le prince Alphonse a été saisi par la mort et inhumé en Espagne. La Providence a des ironies dont les motifs nous seront expliqués de l'autre côté. Il faut donc être patient.

 Le signataire de ces lignes qui le connaissait depuis 1955 et qui fut son secrétaire depuis le 30 juin 1962, sait parfaitement quelles étaient les intentions du chef des Bourbons. Jusqu'à son dernier jour, aux Etats-Unis d'Amérique, il a fait savoir qu'il estimait que la Couronne de France devait lui revenir, qu'il etait prêt à l'accepter et que ce serait pour lui un immense honneur.

 Beaucoup d'hommes politiques avaient compris ces dispositons et je me souviens d'un ministre lui disant : "Monseigneur, en 987, j'aurais voté pour vous!". Cela n'engageait certes pas cet homme, mais indiquait quelle était l'ambiance de l'entreprise princière, alors qu'on renouait les liens entre le chef de la première famille de France et les Français.

HERVE PINOTEAU : "ALPHONSE II ET LOUIS XX". TIRE A PART DE LA REVUE HIDALGUIA.

HERVE PINOTEAU : "ALPHONSE II ET LOUIS XX". TIRE A PART DE LA REVUE HIDALGUIA.

 LOUIS XX LEGITIME SUCCESSEUR

 Le fils subsistant du défunt est Louis XX, par la grâce de Dieu, chef de la maison de France ou de Bourbon. On sait qu'il était titré duc de Touraine (1981) puis duc de Bourbon à la mort de son frère aîné (1984). Son Conseil l'a salué du titre de duc d'Anjou.

 LA PERMANENCE DU LEGITIMISME

 Les légitimistes on maintenu le droit royal venu du fond des âges et si leurs princes ne sont pas montés sur le trône, il faut quand même convenir que les orléanistes en sont au même point. Malgré leur argent propre, malgré l'argent dépensé par leurs fidèles, malgré les talents innombrables réunis autour d'eux, tout particulièrement à l'Action française et dans d'autres imprimés, les princes d'Orléans ne sont toujours pas sur le trône. Autrement dit, les légitimistes n'ont pas à regretter un quelconque manque d'efficacité, car ils restent toujours prêts à rappeler les grands principes à la nation française le jour voulu par Dieu.

 La permanence du sentiment royaliste français, qui paraît s'amplifier à l'annonce des "fêtes" du bicentenaire de la Révolution (épisode de notre histoire qui fut un désastre pour nous et pour tant d'autres nations), cette permanence est largement le fruit de l'action de militants décidés, d'un bord comme de l'autre, mais qui n'ont pas toujours reçu l'aide voulue en provenance des princes. C'est le moins qu'on puisse dire! Mais il n'en reste pas moins que les Bourbons ont constamment rappelé l'essentiel et si leur histoire paraît parfois être le récit d'une tragique impuissance, tout montre que les choses avaient commencé à changer avec Alphonse II.

 Allions-nous trop vite? Ne faut-il pas que les Français voient jusqu'au bout ce que donnent les principes pervers qu'ils acceptent pour diriger leur société, principes issus des religions des temps modernes :  la démocratie, le socialisme, le laïcisme, les droits de l'homme sans devoirs ni Dieu? Seul le Maître de toutes choses peut répondre à notre attente anxieuse et nous expliquer pourquoi un câble en bout de piste a pu enrayer l'œuvre d'un dynaste de bonne volonté.

 LOUIS XX, LE CONTINUATEUR NECESSAIRE

 Que de mystères! Un lycéen madrilène, survivant d'un effroyable accident de voiture, est le représentant de plus de quatre-vingts rois de France qui ont succédé à Clovis. C'est un fait "incontournable", comme on dit de nos jours. Rescapé d'une tragédie routière, Louis XX sera peut-être un jour ou l'autre, le continuateur de son père, mais on doit réfléchir au fait que cet accident de 1984 a quand même laissé un répit à notre Alphonse II pour qu'il puisse, et de magistrale façon, rappeler les grands principes salvateurs.

 Quand Jacques-Henri VI, duc d'Anjou et de Ségovie, est mort, la presse française n'avait pour ainsi dire rien signalé. Dès le décès d'Alphonse II, au matin du 31 janvier, les télévisions, les radios puis la presse imprimée ont abondamment parlé de cet événement, en bonne place dans les journaux. Un de mes amis a entendu le matin même dans un café de notre capitale un homme dire sérieusement : "Le roi est mort".

 Des centaines de coups de téléphone, des milliers de condoléances écrites, même d'orléanistes et de républicains réputés, sont venus submerger les collaborateurs du défunt. D'incroyables témoignages de tristesse nous sont parvenus de tous les milieux sociaux, certains d'autant plus stupéfiants qu'ils provenaient de personnes n'ayant jusqu'alors fait part d'aucun sentiment d'attachement. Le Prince avait conquis les cœurs et les intelligences par son charme, son accueil, son écoute, sa disponibilité, son intelligence et ses propos.

 Pour beaucoup, on nous l'a dit, c'était "comme si on avait perdu quelqu'un de la famille"... Familier d'hommes politiques, de grands financiers et d'intellectuels réputés (certains étaient en larmes dans Saint-Denis), le Prince avait su établir le contact avec les plus humbles.

 On comprend que des hommes comme MM. Jean Raspail ou Jean des Cars aient pu écrire dans le quotidien Présent de magnifiques textes sur la disparition du "roi", alors même que le pseudo-comte de Clermont n'hésitait pas une fois de plus à cracher son venin hypocrite dans Le Monde, allant jusqu'à s'inquiéter du destin du jeune fils du feu Prince, quand chacun sait que ce peu reluisant dynaste a abandonné sa femme et leurs cinq enfants, dont deux handicapés! Il est vrai que cet Orléans a été remis à sa place quelques jours plus tard par M. le ministre Jean Foyer et dans le même quotidien, mais on voit jusqu'oùpeut aller la peur panique de cadets ambitieux. Leur hebdomadaire habituel, toujours aussi lamentable et mensonger (Point de Vue-Images du Monde) n'a pas hésité à se déconsidérer une nouvelle fois par des articles tendancieux, alors même qu'il refuse par ailleurs de publier la lettre du feu Prince, obligatoire comme droit de réponse à un article commentant de travers le procès de 1988, sous prétexte qu'il est décédé. Quelles mœurs!

 ESPERANCE!

 Dans le monde troublé qui est le nôtre, il y aurait folie à vouloir essayer de prévoir l'avenir qui paraît d'ailleurs chargé de lourds nuages et nul ne peut savoir si la France sera sauvée de sa République laïque (c'est-à-dire sans Dieu) et socialisante. Le cœur se sert à la pensée d'une disparition de la France ou de la transformation de mon pays en une nation sans identité propre au milieu d'une Europe sans âme, livrée aux technocrates, aux sectes et aux groupes de pression plus ou moins occultes qui mènent les sociétés.

 Notre modeste tâche à nous autres Français fidèles à la tradition multiséculaire de notre nation est de rappeler les vrais principes qui ont fait sa gloire. Parmi ceux-ci se trouve la règle de succession réputée venir de Dieu même et qui désigne aujourd'hui un Bourbon de près de quinze ans pour être, à priori, l'héritier de Clovis, de Charlemagne, de saint Louis, de Louis XIV et de Charles X qui conquit Alger.

 Pour l'heure, le mandat céleste de la dynastie capétienne paraît comme suspendu, mais on a plus d'une fois remarqué les bontés de la Providence pour la tribu de Juda qu'est la France dans le nouvel Israël qu'est l'Eglise, ainsi que l'ont déclaré plus d'un souverain pontife à travers les siècles. La nation de sainte Jeanne d'Arc pourra encore surprendre l'univers par un possible sursaut.

 Qu'en sera-t-il des Capétiens lors d'une restauration qui ne pourra être q'une renaissance? Dieu seul le sait et nous n'aurons point lutté en vain si les principes peuvent s'incarner un jour ou l'autre dans l'aîné de cette race qui fut l'honneur de l'Occident. Là comme en beaucoup d'autres choses il faut s'en remettre à une Providence qui sait mieux que nous le bien qui nous convient à tout moment, même quand il s'agit du creux de la vague.

 Si les acclamations carolingiennes chantées à Saint-Denis ont souhaité "A Louis, très chrétien et très excellent chef de la maison royale, vie et gloire!" (Ludovico christianissimo et excelentissimo capiti domus regalis, vita et gloria!), et si cette gloire ne paraît humainement pas proche, il n'en reste pas moins qu'elles se terminent par un acte d'espérance en répétant trois fois "Bonne chance à tous!" (Feliciter!) et encore trois fois "Que viennent les temps heureux" (Tempora bona veniant!), avant de déboucher finalement sur le souhait de voir arriver la paix et le règne du Christ.

 Il m'est difficile de mieux terminer ce texte destiné à faire comprendre le droit royal français et les principales caractéristiques dynastiques du voyage terrestre de feu mon maître qui fut Alphonse II, le roi qui régnait sur le cœur d'une foule innombrables de bons Francais.

Hervé b. Pinoteau

 

 Ci-dessous l'ouvrage récemment paru du baron Pinoteau : Nouvelles Etudes Dynastiques : Héraldique - Vexillologie - Phaléristique (Le Léopard d'or, novembre 2014).

"NOUVELLES ETUDES DYNASTIQUES" DU BARON PINOTEAU, LE LEOPARD D'OR, 2014.
"NOUVELLES ETUDES DYNASTIQUES" DU BARON PINOTEAU, LE LEOPARD D'OR, 2014.

"NOUVELLES ETUDES DYNASTIQUES" DU BARON PINOTEAU, LE LEOPARD D'OR, 2014.

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