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Les Rois Souterrains

SEPT CAVALIERS DE JEAN RASPAIL SALUENT LES ROIS SOUTERRAINS

30 Novembre 2014 , Rédigé par Les Rois Souterrains

 Quand l'un des plus grands romanciers français de la seconde moitié du XXe siècle et ses Sept Cavaliers rencontrent Les Rois Souterrains, ils se saluent fraternellement.

 Et Les Rois Souterrains n'en sont pas peu fiers...

 Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée et parurent en 1993 chez Robert Laffont. Ils nous proposent d'aller voir au-delà de ce que nous savons et au-delà de ce que nous ne savons pas. A l'intérieur de notre propre pays, d'abord, et aussi hors de nos frontières. A quoi ressemble ce qui nous entoure? Quelle est la signification de tout cela?

 - Un extrait?

 - Tout de suite :

 Sans doute ne reviendrait-il pas. Sans doute ne reviendrait-il jamais. Sans doute aussi le savait-il et sans doute chacun des six autres cavaliers le savait, jusqu'au jeune homme aux boucles blondes qui n'avait pas seize ans et fredonnait gaiement sa chanson en humant d'un air gourmand l'air glacé de la nuit qui tombait. Il est ainsi des presciences inexplicables. Celle-là était de même nature que le "Reposez en paix" dont on berce le sommeil des défunts depuis l'aube du Sacré et qui n'a jamais eu de sens connu.

 Seul avait répondu le cavalier de tête. Les six autres demeuraient muets, retenant leurs chevaux qui piaffaient. Ils n'avaient plus rien à dire à ceux qu'ils quittaient, rien à en recevoir, rien à entendre, rien à deviner de leurs sentiments. Ils ne laissaient rien ni personne derrière eux. Ainsi l'homme auquel le colonel-major avait jeté quelques mots ne représentait plus rien pour eux. Ils ne lui accordèrent pas un regard. L'homme n'eut que le temps de remarquer la splendeur de leurs montures et la richesse des harnais, la qualité de leurs vêtments, la netteté de leur allure, la hauteur de leur maintien, l'orgueil de leur attitude, ainsi que le mousqueton à crosse d'argent dans son étui de cuir et le long manteau noir s'étalant en un lourd drappé de fourrure jusque sur la croupe des chevaux. L'homme abaissa le regard sur sa propre personne et se découvrit sale, petit, laid, transi et affamé. Il chercha dans le fond de son cœur un vieux reste de haine et l'ayant découvert bien recuit, encore prêt à servir, comprit une seconde fois qu'avec ceux qui partaient, c'était la vie qui s'en allait.

(...)

 L'homme contempla la nuit où la vie s'en était allée. La neige qui recouvrait le sol et la route avait effacé de l'univers sonore le galop des chevaux, de telle sorte que passé la voûte de la porte où les sabots des bêtes claquaient sur le pavé, les sept cavaliers avaient disparu aussi, et d'un coup, dans un épais silence. L'homme écouta. Le son de lointaines fusillades sporadiques de l'autre côté de l'horizon s'était tu lui aussi. Les signes de mort sont signes de vie, c'est aussi leur fonction essentielle. De la Ville, non plus, aucun bruit ne parvenait. Le bébé qui pleurait, la jeune femme qui chantait, le bourdon de la cathédrale, le clairon de la garnison sonnant les commandements militaires, l'homme n'entendait plus rien.

Jean Raspail

LES SEPT CAVALIERS ADRESSENT A LEURS AMIS LES ROIS SOUTERRAINS LEUR PLUS FRATERNEL SALUT. PAR INTERIM, JEAN RASPAIL 30 XI 2014

LES SEPT CAVALIERS ADRESSENT A LEURS AMIS LES ROIS SOUTERRAINS LEUR PLUS FRATERNEL SALUT. PAR INTERIM, JEAN RASPAIL 30 XI 2014

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