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Les Rois Souterrains

JE M'EN VAIS MAIS L' ÉTAT DEMEURERA TOUJOURS

2 Novembre 2013 , Rédigé par Les Rois Souterrains Publié dans #LOUIS XX

FRANCE, QUE FAIS-TU DE TON HISTOIRE ? (INSTITUT DE LA MAISON DE BOURBON, 1996)

FRANCE, QUE FAIS-TU DE TON HISTOIRE ? (INSTITUT DE LA MAISON DE BOURBON, 1996)

 Ainsi s'exprimait Louis XIV dont le prince Louis est aujourd'hui le descendant direct.

 Par ces mots, le "Roi Soleil" rappelait la primauté de l'Etat, ou de la couronne comme on disait alors. Cette notion est essentielle, car elle explique sans doute la longue durée des institutions françaises de l'Ancien Régime. La France, en effet, fut le premier pays à se doter d'une constitution qui, pour n'être pas écrite, n'en était pas moins respectée par tous, à commencer par le Roi. Elle était formée de principes simples, qu'on appelle aussi "Lois Fondamentales".

 Ces principes étaient de trois ordres : ils assuraient la pérennité de l'Etat, ils réglaient les lois de succession au Trône, ils affirmaient la nécessaire catholicité du Roi.

 PERENNITE DE L'ETAT

 C'est le premier principe hérité de "l'Imperium" romain et redécouvert pour répondre au risque de dissociation du pouvoir que faisait courir la féodalité.

 Il s'agissait de rappeler que le Royaume n'était pas la possession privée du Roi. La Couronne était déclarée indisponible, car la royauté était considérée comme un "office public".

 Charles VII déclarait au pape Martin V : "Le Roi n'a qu'une manière d'administration et d'usage de la Couronne. Il ne peut ni l'aliéner, ni bailler le Royaume en d'autres mains, ni oter à son fils ce droit".

 Ce principe de pérennité de l'Etat est au cœur de notre actuelle notion de "Service Public" et d'Etat de Droit. Il a été repris par tous les régimes qui ont succédé à la Royauté. Les Français y sont attachés. Il garantit, en particulier, les libertés individuelles et forge la notion de droit public.

 Pour garantir la notion de pérennité de l'Etat, encore fallait-il que des règles précises soient appliquées pour définir le détenteur du pouvoir.

 TRANSMISSION DU POVOIR ET LEGITIMITE

 Afin d'éviter que la transmission du Pouvoir soit livrée aux passions qui auraient vite fait disparaître la notion d' "Office Public", des principes de transmission sont mis en œuvre dès Hugues Capet : l'hérédité, la masculinité.

 1/ Principe d'hérédité et primogéniture

 La Couronne se transmet de mâle en mâle, par ordre d'aînesse. En cas d'extinction de la branche aînée, elle passe à l'aîné de la branche qui la suit immédiatement. Comme l'avait écrit en 1411 le juriste Jean de Terre-Vermeille, "La dévolution de la Couronne est déterminée par la seule force de la coutume, à savoir que la succession simple est déférée aux aînés mâle en ligne directe."

 2/ Principe de masculinité et colatéralité : les femmes sont exclues de la succession.

 Deux raisons militent pour ce principe. Le premier, lié à la notion d'Etat et plus précisément de l'Etat de droit. Ouvrir aux femmes le droit à la succession risquerait de faire passer la France aux mains d'une dynastie étrangère. L'argument est de poids, puisque seule la France a toujours conservé une dynastie nationale.

 Le second argument est spirituel et découle du caractère sacré de la royauté française depuis le baptême de Clovis et le sacre des Rois, car l'office royal est d'ordre ecclésiastique. De même que l'ordination est réservée aux hommes, de même la fonction de roi, ce que tente d'expliquer l'adage "Les lys ne filent point", et cet autre : "Le royaume de France ne tombe pas en quenouille". C'était l'ancienne loi salique. Faute de descendants mâles en ligne directe, la couronne passe au plus âgé des frères du roi défunt.

 Enfin, toujours héritage de Clovis et du sacre, les "Lois Fondamentales" imposent le principe de catholicité.

 NECESSAIRE CATHOLICITE DU ROI

 La France, Fille Aînée de l'Eglise, ne peut être gouvernée que par un roi catholique. Ce dernier principe fut proclamé par les Etats-Généraux réunis à Blois en juillet 1588. Ainsi, malgré son accession au trône en 1589, Henri de Navarre ne put être sacré qu'après sa conversion au catholicisme.

 Court et limpide texte paru dans le livret France, que fais-tu de ton Histoire ? édité par l'Institut de la Maison de Bourbon en 1996.

 Je publierai dimanche un autre article intitulé France et Monarchie issu du même ouvrage.

FRANCE, QUE FAIS-TU DE TON HISTOIRE ? (I. M. B. , 1996) - QUATRIÈME DE COUVERTURE

FRANCE, QUE FAIS-TU DE TON HISTOIRE ? (I. M. B. , 1996) - QUATRIÈME DE COUVERTURE

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